Plate-Forme Interrégionale D'échange et de coopération pour le développement culturel

Note de synthèse – observatoire de la crise Cadence

14 juin 2020

42 professionnels de la musique et 140 écoles et ensembles, dont 70% d’Alsace et 20% de Franche-Comté  ont répondu à l’enquête menée par Cadence, destinée à déterminer les impacts de la crise sanitaire sur l’enseignement et les pratiques en amateur du secteur musical. Le net ralentissement, voire le gel des activités, ne semble pas pouvoir être compensé par les reports incertains et limités par les dispositions contractuelles, les calendriers chargés des lieux de diffusion, la sur-sollicitation des personnels comme des publics, ou l'évolution de la situation sanitaire avec effet boule de neige. Les difficultés rencontrées sont nombreuses : perte de revenus d'activités, charges nouvelles, dépenses inutiles et non remboursables entrainent des difficultés de trésorerie et des menaces sur l’emploi, sans parler du temps conséquent consacré par les bénévoles. Les financements publiques peuvent amortir certaines difficultés économiques, mais leur pérennité n’est pas acquise, tant du fait de priorités qui peuvent évoluer que de difficultés à anticiper sur les projets à venir. Le remboursement des droits d'écolage sera, selon les cas et les arbitrages des collectivités, partiel, total ou nul. Le télétravail est fréquent (70% des entreprises) et le chômage partiel concerne 51% des structures et les principales  difficultés concernent la communication, la gestion des ressources humaines et la pédagogie. Nombre de répondants s'interrogent sur les conséquences d'une interruption longue de la pratique et son sens dans un contexte qui renvoie à d'autres préoccupations et d'autres priorités : décrochage des élèves / musiciens, approche de nouveaux publics, absence de ligne de conduite pendant la crise et concurrence des plateformes en ligne.
Le maintien de l'activité à distance a permis de garder le lien (93%) et encourager la poursuite de la pratique musicale individuelle (85%) ou informer les publics (45%) et expérimenter de nouvelles façons de faire (40%).

L'activité à distance exige un temps de préparation plus important pour maîtriser de nouveaux outils, adapter les contenus et assurer un suivi individuel, mais ce sont autant d’opportunités pour enrichir les pratiques pédagogiques, améliorer le travail en équipe, développer le lien avec l'élèves et les familles. La relation au numérique reste controversée et son usage palliatif pour éviter de fragiliser les métiers de l’enseignement.

L’évaluation des risques et l’avenir restent difficiles à appréhender, tant du fait des injonctions contradictoires et de la lourdeur des mesures, que du manque de visibilité et de cohésion dans les territoires.

Les acteurs ont besoin d’informations et d’accompagnement, d’échanges entre pairs et de de partager de réflexions, de la formation aux outils numériques pour monter en compétence et améliorer la pédagogie.

NoteSyntheseObservatoireCrise